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Dernière mise à jour :
13/10/04
 

Champollion : sa vie, son oeuvre...

Portrait de J-F Champollion - Paris - Musée du LouvreNé à Figeac (Quercy) le 23 décembre 1770, Jean-François Champollion est le dernier d'une famille de sept enfants. Si son arrière-grand-père n'était qu'un modeste agriculteur, son père, lui, s'intéressa aux livres. Il ouvrit d'ailleurs une librairie en plein coeur de la ville.
Son frère Jacques-Joseph, qui est aussi son parrain à son baptême, s'aperçoit rapidement que Jean-François a quelques prédispositions pour les lettres. Le système scolaire primaire se révélant inadapté aux attentes de Jean-François, celui-ci reçoit une initiation particulière à la botanique, à la géologie et au latin par l'abbé Calmels. Mais il n'aura de meilleur mentor dans les années suivantes que son propre frère à qui il restera toujours extrêmement attaché.

En 1801, Jean-François quitte sa ville natale pour s'installer chez son frère à Grenoble. Il commence par y rattraper son retard scolaire. Il a 11 ans, mais déjà il s'adonne à l'apprentissage de l'hébreux, puis de l'arabe, du syriaque et de l'araméen (rien que ça !). Joseph Fourier, nouveau préfet de l'Isère, ancien participant à l'expédition orientale de Bonaparte, ancien secrétaire perpétuel de l'Institut d'Egypte et proche de Jacques-Joseph, a sûrement contribué de façon indirecte à l'essort d'une passion grandissante pour l'Egyptologie chez Jean-François.

En 1804, il rentre au lycée impérial de Grenoble, tout nouvellement ouvert. Il y reste trois ans pendant lesquels il s'intéresse de près à la grammaire chinoise et éthiopienne.

En 1807, il monte à Paris. Il mise alors tout sur l'apprentissage du copte, qu'il finit par maîtriser parfaitement. Il est en effet persuadé d'y trouver la clef du déchiffrement des hiéroglyphes : le copte, langue liturgique des chrétiens d'Egypte (encore utilisée aujourd'hui), ne serait autre que la langue écrite des anciens égyptiens.
Même si plusieurs savants ont émis cette hypothèse avant lui, Jean-François Champollion s'avèrera être le seul à en comprendre toute l'étendue. Et c'est bien la Pierre de Rosette (enfin, plutôt les copies dont il pu disposer seulement) qui l'aidera à poser ses conclusions.

Las de la vie parisienne qui ne le motive guère, Jean-François retourne à Grenoble en 1809 auprès de son frère, qui le fait nommer à ses côtés professeur adjoint d'histoire ancienne. Il n'a que 18 ans ! Malheureusement, ses convictions politiques pro-républicaines très affirmées l'obligent, lui et son frère, entre temps nommés docteur ès lettres, à quitter leur poste et à partir en exil forcé à Figeac dès début 1816.

Il ne revient à Grenoble qu'en 1817, et retrouve un poste de bibliothécaire et de professeur d'histoire. Il épouse alors Rose Blanc. Mais de nouveaux événement le persuadent de quitter définitivement la région. Il s'installe à nouveau à Paris en 1821, où il présente son Mémoire sur l'écriture hiératique. Il y montre que le hiératique (texte religieux retrouvé sur les papyrus) est en fait une simplification des hiéroglyphes, et étroitement lié au démotique (langue populaire). Les trois écritures représentent donc trois façons différentes de représenter la même pensée : la recherche d'homophonies au sein des textes prend donc ici tout son sens.
Le nombre de signes relevés se portant à plusieurs centaines, il s'avère impossible de conclure à un véritable alphabet. Il faut donc chercher plus loin. Dans les textes tardifs du nouvel empire, sur la Pierre de Rosette notamment, Jean-François Champollion remarque certains groupements de signes, encapsulés dans un cartouche, et répétés plusieurs fois. Ayant déjà traduit la partie grecque de la pierre depuis plusieurs années, il fait alors le rapprochement entre les deux textes : ces cartouches sont en fait la traduction des noms souverains de Ptolémée (et Cléopâtre sur un autre papyrus). Il devient alors plus facile d'établir les premières bases d'un alphabet hyéroglyphique.

Ces premièrs caractères déchiffrés s'avèrent pourtant bien insuffisants pour déchiffrer la totalité des textes retrouvés sur les papyrus, sur les stèles ou les temples. Il y a forcément une autre notion à côté de laquelle les autres savants sont passés. Et c'est là que tout le génie de Jean-François Champollion se révèle. Le 14 septembre 1822, il comprend enfin. Si certains signes correspondent à un alphabet, les textes hiéroglyphiques transmis par les anciens égyptiens sont en fait un savant mélange d'idéogrammes et de phonogrammes.

(la suite, bientôt)...



 






 
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